Hildegarde de Bingen

L'abbesse bénédictine Hildegarde de Bingen, 1098-1179, était une personnalité hors du commun. On commence aujourd'hui à réaliser l'étendue et l'originalité de la pensée de cette religieuse au XIIe siècle qui fut à la fois scientifique, femme politique, musicienne, compositrice, écrivain et poétesse, visionnaire mystique et... médecin. Elle avait ainsi développé de vastes connaisssances pharmacologiques sur les plantes. Dans ses écrits, elle fait état d'une approche très pointue sur le fonctionnement du corps humain ( circulation sanguine, diabète, etc.). Sa démarche s'inscrivait dans une vision holistique de l'univers.

Hildegarde utilisait principalement une centaine de plantes, dont une trentaine portent un nom qui ne permet pas leur identification. Une vingtaine d'autres sont très toxiques (ancolie, asaret, ciguë, etc.) et ne sont plus utilisées de nos jours en médecine populaire. Parmi les plantes préférées d'Hildegarde, il reste donc environ une cinquantaine d'espèces, parmi lequelles une bonne trentaine sont particulièrement efficaces. Les propriétés thérapeutiques de ces plantes ont été confirmées par les scientifiques modernes. Nombre d'entre elles possèdent même des vertus qu'Hildegarde ignorait.

 

L'ail, alium sativum ; Hildegarde : " l'ail a une chaleur positive . Il pousse grâce à la force de la rosée, dès l'engourdissement de la nuit, jusqu'au matin."

L'angélique, angelica archangelica ;

arnica, arnica montane; Hildegarde : " l'arnica est forte et contient une chaleur vénéneuse."

La bardane, arctium lappa;

le basilic blanc, ocinum basilicum

la bourrache, borago officinalis

le buis, buxus sempervirens

la camomille, grande camomille, chrysanthenum parthenium, ou tanacetum parthenium; Hildegarde : " la camomille est chaude. Son suc agréable est un onguent doux pour les intestins."

La cannelle, cynnamomum ; Hildegarde : " la cannelle est très chaude et possède des propriétés puissantes. Si on a la tête lourde et pesante, si l'on éprouve des difficultés à inspirer ou expirer, on réduit de la cannelle en poudre que l'on mélange dans de la mie de pain ou bien on met de la poudre de cannelle dans la main pour la lécher ; cela dissout les humeurs mauvaises qui bloquent la tête."

Le cerfeuil, anthricus cerefollium, myrrhis odorata, cerfeuil musqué, cerfeuil sauvage anthricus silvestris; Hildegarde : " le cerfeuil soigne les ulcères. Pilez du cerfeuil. Versez le suc obtenu dans du vin. Donnez ce mélange à celui qui aura des blessures ouvertes des viscères jusqu'à qu'il guérisse.

La consoude, symphytum officinale; Hildegarde : " Si l'on a un membre cassé ou blésse ou couvert d'ulcères, manger de la consoude. Mais la consoude prise sans raison renvoie la pourriture à l'intérieur : c'est comme si on jette des pierres dans un grand fossé pour empêcher l'eau de s'en aller : et alors la vase s'installe au fond."

Le fenouil, foeniculum vulgare; Hildegarde : " le fenouil contient une chaleur douce et sa nature n'est ni sèche ni froide. De quelque façon qu'on le mange, il rend le coeur joyeux; il procure une bonne sueur et assure une bonne digestion."

La gentiane, gentiana lutea ; Hildegarde : " la gentiane est assez chaude. Si on souffre du coeur comme s'il avait peine à se soutenir, réduire de la gentiane en poudre et la mélanger à une boisson. Le coeur reprend ses forces. "

Le géranium Robert, geranium Robertianum, Hildegarde : " le bec de grue, très chaud et un peu humide, est puissant par la force de ses pigments. " A noter que le geranium robert et le bec de grue sont 2 plantes différentes si on les cherche en botanique.

Le gingembre, zinzimber, et galanga, alpinia, Hildegarde :" le gingembre est très chaud et se diffuse rapidement. Une personne grasse et en bonne santé n'a pas d'intérêt à en manger car le gingembre la rendrait stupide, tiède et lascive. En revanche, une personne affaiblie pourra prendre du gingembre réduit en poudre dilué dans une boisson ou incorporé à du pain."

" Si une personne souffre d'une forte fièvre, réduire du galanga en poudre et le donner à boire dissous dans de l'eau. Cela éteindra l'ardeur de la fièvre."

L'hysope, hyssopus officinalis, Hildegarde : " l'hysope purifie le foie et purge un peu les poumons. Celui qui tousse et souffre du foie ou des poumons doit manger de l'hysope avec la viande sous la graisse, et il se sentira mieux."

Iris, iris germanica, iris versicolor; Hildegarde :" l'iris est sec est chaud. Sa verdeur réside dans sa racine et remonte dans les feuilles."

Le laurier, laurus nobilis.

La lavande, lavendula officinalis; Hildegarde : " la lavande est chaude est sèche et sa chaleur est saine. Si on faait cuire de la lavande avec du vin - ou si l'on n'a pas de vin, de l'eau et du miel - et qu'on en boit souvent, tiède, on apaise les douleurs du foie et du poumon, ainsi que les vapeurs de la poitrine; on obtient aussi une connaissance pure et un esprit pur. "

La mauve, malva sylvestris; Hildegarde : " En cas de fièvre, quelle que soit sa nature, piler de la mauve dans du vinaigre. En boire le matin à jeun et le soir au coucher : la fièvre disparaîtra. "

Le mélilot, melilotus officinalis.

La menthe poivrée, menthe pouliot; Hildegarde :" la personne qui souffre du cerveau jusqu'à en devenir folle fera cuire de la menthe pouillot dans du vin. Elle mettra des feuilles chaudes tout autour de la tête. On couvrira avec un linge. La folie diminura."

Le millepertuis, hypericum perforatum.

La noix de muscade, myristica fragans; Hildegarde : "La noix de muscade a une chaleur et un heureux équilibre de ses propriétés. Celui qui consomme de la noix de muscade ouvre son coeur, purifie ses sens et en retire des bonnes dispositions."

l'ortie; urtica dioica; Hildegarde : " l'ortie est une espèce totalement chaude. Elle purge l'estomac et en fait disparaître les humeurs."

Le persil, petroselinium hortens; Hildegarde : " le persil est plus utile quand il est cru plutôt que quand il est cuit. Il adoucit les fièvres si elles ne sont pas trop fortes. Si on souffre du coeur ou de la rate, faire cuire du persil dans du vin rouge en ajoutant du miel."

Le pissenlit, taraxacum officinalis; Hildegarde : " le pissenlit est chaud et sec. Si l'on en mange souvent comme de tout autre aliment, on purge l'estomac et l'on fait disparaître nombre de troubles de la vue."

Le plantain, plantago; Hildegarde : " le plantain, malgré son tempérament froid, garde une nature équilibrée. Si on le fait cuire dans du vin et que l'on boit ce vin chaud, il apaise les fortes fièvres.

La potentille, potentilla reptans et potentilla fragriastrum; Hildegarde: " Contre les humeurs superflues et empoisonnées, mélanger de la potentille avec deux fois autant d'euphorbe. Les piler pour en receuillir le suc qui sera mis dans un récipient en terre. Verser dessus un vin blanc. En boire après manger et au coucher durant quinze jours."

Le romarin, rosmarinus officinalis.

La sauge, salvia officinalis, Hildegarde : " la sauge est de nature chaude et sèche. Elle est bonne à manger aussi bien crue que cuite, pour ceux qui souffrent d'humeurs nocives, car elle apaise les humeurs."

Le tilleul, tilia.

Le thym, thymus vulgaris; Hildegarde : " le thym, si on lui ajoute d'autres bonnes herbes et condiments, enlève les putréfactions des maladies, grâce à sa chaleur et sa force."

La valériane; valeriana officnalis; Hildegarde : " la valeriane est chaude et humide. Pour guérir la goutte et la pleurésie, réduire la valériane en poudre et en faire des pilules avec de l'eau, de la farine et du saindoux. En manger souvent. "

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