les platanes du canal du midi

Les platanes du canal du midi

 

A cause du champignon tueur, 42.000 arbres sont menacés

L’image bucolique de la voûte de feuillage surplombant les fameuses berges du Sud-Ouest risque d’en prendre un coup. Un mal incurable frappe les platanes du canal du Midi. Le coupable ? Le chancre coloré, un champignon débarqué dans le bois des caisses de munitions des GI en 1945, et tuant les arbres en trois à cinq ans. Depuis son apparition en 2006, la maladie connaît une progression fulgurante. En un an, le nombre de platanes contaminés a quasiment doublé, à cause du trafic fluvial. « On a compris que les bateaux s’amarrant contre les racines d’un arbre malade transportaient des spores vers les arbres sains », explique Jacques Noisette, un responsable des Voies navigables de France (VNF), gestionnaire du canal.

Face à la propagation du chancre coloré, un plan d’abattage drastique a donc été adopté. Si, au départ, « seulement » 2.000 arbres devaient être sacrifiés, le chiffre est passé à 4.000, à abattre d’ici 2012. Des platanes sains seront également traités dans un rayon de 50 mètres du foyer de contamination, pour ralentir la progression de la maladie. La situation est telle que Nicolas Sarkozy, profitant d’une table ronde sur le tourisme à Agde (Hérault), a annoncé mardi que le gouvernement s’associerait aux élus locaux pour sauver ce patrimoine exceptionnel. « Sur le canal du Midi, je serai à vos côtés », a-t-il promis.

Un futur pas si sombre...

A plus ou moins long terme, la totalité des 42.000 platanes du canal est menacée. Mais « cela ne veut absolument pas dire qu’ils seront tous abattus », tient à préciser Jacques Noisette, ajoutant que les spécialistes « font tout pour les garder en vie ». Gérer le problème des platanes malades est d’autant plus important que le canal du Midi est un lieu inscrit au patrimoine mondial depuis 1996. « L’Unesco ne peut pas menacer de déclasser au prétexte que nous sommes victimes du chancre coloré. En revanche, il pourrait le faire si nous n’apportions pas de solutions de remplacement », précisent les VNF.

D’ici la fin de l’année, deux programmes de réimplantation vont intervenir dans l’Aude. La commune de Trèbes, particulièrement touchée, verra l’apparition du « platanor ». Fruit de nombreux croisements, ce platane hybride a la particularité de résister au champignon tueur. Dans un village voisin, ce sera le frêne qui prendra place sur les berges du canal. Comme le souligne Jacques Noisette, « il s’agit d’éviter de remettre une seule variété d’arbre, car le jour où il y aura une maladie, cela retombera comme un château de cartes ».

Dans la commune de Trèbes, les choses sont prises avec philosophie. « Cela n’empêche pas les promenades ! », confie-t-on à l’office du tourisme. Et ne demandez pas si cela fait fuir les touristes : « Franchement, si la tendance est à la baisse, c’est plus la faute de la météo que celle des platanes !

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